dimanche 29 mai 2016

Le nom de jeune fille.

Sans se l’avouer, ils avaient tous quelques craintes quand au maniement de l’esquif, les références maritimes du groupe étant voisines de néant. Pour assurer le coup Minette et Poulet décidèrent sournoisement d’aller observer le frêle esquif qui leur servirait d’abri deux bons mois avant le départ. Quelle ne fut pas leur surprise de constater qu’ils allaient prendre le large sur le navire amiral de la flotte de PORT CASSAFIÈRES. Point de frêle esquif mais plutôt un véritable paquebot de croisières aux proportions totalement démesurées. Une occasion supplémentaire de retrouver et d’affirmer le légendaire pragmatisme des gens du Nord. Alors que Minette m’avisait que la circulation sur le bord du bastingage se faisait sur un étroit plat bord de la largeur d’un anchois, en pensant fortement : et si c’est trop étroit laisse manoeuvrer les autres...Karine, pragmatique proposa le port du gilet de sauvetage pour tous ; après le mariage pour tous, le gilet pour tous, un excès chassant l’autre.
Ils avaient décidé de se replonger dans le peu de connaissances dont ils disposaient sur la connaissance de Mare Nostrum. Ce sont les histoires de naufrage, voire de pirates qui remontèrent en premier dans leur inconscient collectif. Jamais ils n’avaient eu l’occasion de vivre sur les flots aussi longtemps et dans cette plus parfaite promiscuité. Puis refirent surface les vieux proverbes, tel : quand le goéland se gratte le gland c’est qu’il va faire mauvais temps. Est ce qu’il y aurait des mouettes le long du canal pour leur dicter la météo, l’avenir le dirait. En attendant la liste des courses rallongeait et les sacs se remplissaient peu à peu jusqu’à la veille du départ. La logistique ayant été pointée deux mille huit cent fois ils étaient sûrs de ne manquer de rien et les provisions du bord suffiraient à rallier l’Angleterre. C’est alors que pour élever le débat, Karine se lança dans une longue diatribe sur nos futurs coéquipiers. Les femmes nous accusent souvent des pires travers alors que nous n’avons pour objectif que leur bonheur. Pensez si l’histoire qui suit était arrivée à une autre protagoniste et pourquoi pas à un futur marin du bord. Ces femmes se seraient empressées, ingrates, de se gausser du pauvre malheureux. Emportée dans un univers pagnolesque loin de ses origines chti Karine avait, avouons le quelques difficultés à assimiler le langage imagé et calanquesque.

Ainsi, ne sachant pas pourquoi Jean Marc était devenu Baldo, elle nous demanda après moult réflexions si Baldo n’était pas le nom de jeune fille de notre ami Ferrero. Marie m’en est témoin tellement cette histoire est incroyable. Le pauvre Baldo, après Rebuty, il se retrouvait maintenant affublé d’un nom de jeune fille. Ça promettait pour la suite...
Pauvre Baldo, peut être le plus expérimenté de nous tous, le seul à même de continuer le proverbe du goéland : « Et quand il se gratte le cul, ce n’est pas bon non plus. »

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