8 mois d’attente, trente jours de préparation, des heures de palabre, et pourtant tellement de volonté, pour finir comme une merde en travers du canal du midi. Mon épopée idéale s’est fini telle la sardine qui a bouché le Vieux port. Pourtant la sortie du quai au joystick avait été un jeu d’enfant mais je soupçonne le fabricant du bateau de l’avoir équipé de moteurs corses. Comment vous dire, ils étaient un peu jaloux. Et dans la première ligne droite ces gatchampègues commencent à me chabir, le navire part sur la gauche alors que je dois le mener à droite. Partant de là notre collaboration prit subitement fin lors de l’abordage d’une péniche qui n’en demandait pas tant. La constance de l’équipage a été en pareil cas exemplaire, silence à bord et rognage d’ongles.
Alors, Baldo, tel Pythéas partant à la découverte de la Norvège s’empara de la barre pour nous remettre dans le droit chemin. Bravant les éléments il réussit à diriger notre embarcation subissant les risées des bataves et des chleuhs car il faut vous l’avouer sur le canal on ne parle pas français.
Je me souviendrai toute ma vie du passage de ma première écluse. J’essayais lamentablement de maintenir D43 contre le quai lorsque j’avais à même pas cinq mètres de moi un rosbif blanquinas sur le bateau suivant qui tentait de m’expliquer dans la langue de Shakespeare comment tenir le bout. La honte, les mêmes qui m’avaient vu en travers se moquaient maintenant de moi dans un bocal. La perfide Albion n’avait pas fini de sévir...
En même temps je me disais plus que 66 écluses, patience, patience.
C’est alors que la tempête se déchaîna, le Cap Horn dans les vignes...Un déluge d’eau nous tomba sur la gueule et seul Jean Marc, imperturbable, tint la barre dans les éléments, seul sur le pont, faisant face aux déferlantes... Je me laisse un peu emporter par mon instinct lyrique car nous avons fini arrimer à deux platanes mourants à même pas deux kilomètres de la base. J’ai oublié à cet instant de vous conter par le menu le début de l’orage, Karine qui se précipite, chaussée par Décathlon vers l’escalier de la poupe, et qui, malgré ses antidérapants à cinq euros, chute comme une merde au bas des cinq marchés.. A cet instant, j’ai lu dans les yeux du British « what’s a fuck ».
Prudent l’équipage, prudent, je vous dis, qui après une heure de navigation prend la décision de rester par prudence arrimer là où il se trouve, un travers, une écluse et un pont, fini les émotions fortes pour la première journée.
C’est alors que nous avons constaté que nada, plus d’électricité à bord. Pas d’engatse, Poulet et Jean Marc se précipitent alors pour confectionner les premiers moritos du du voyage. Logique puisque nous étions à l’arrêt. Mais, après réflexion, plus d’eau sur le bateau, plus de douches et plus de chiottes. L’heure est grave. Une journée de voyage et un Roman à conter. Arrivé à Castelnaudary, nous allons écrire une encyclopédie. Fort de la panne, obligés d’appeler, penaud, la base de départ. Comme ils pouvaient venir à pied, ils nous ont gentiment envoyé Pascal Légitimus qui en cinq minutes nous a expliqué que les 10 mA du disjoncteur ne pouvaient suffire à l’orage qui nous avait occupé en fin de journée. Premier repas contre une allée bordée de platanes avec un chemin piétonnier portant quelques pervers, le bonheur du sud...
Coteaux du Layon, Champagne, Vin blanc de Rognes, salade de légumes du jardin au vinaigre de Chasselas de Moissac, plateau de Charcute de chez Delmas et Fromage variés et odorants. Simple mais bon. J’allais oublier la soupe de Mojitos en entrée et le cassage de sommier par Baldo qui s’est retrouvé le cul par terre au premier essai de son lit. J’arrête là car je pourrais y passer la nuit, entre les massages de cul, les tentatives d’adoption de canette et les dissertations sur les moustiques. Bises à tous et à demain pour de nouvelles aventures.
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