mercredi 8 juin 2016

Jeux de Mots

Durant le trajet nous nous sommes retrouvés à Poilhes, juste avant la ferme du Vié et maintenant nous nous dirigeons vers Ognon (authentique). Ce voyage qui nous conduit de trou en trou restera à jamais dans les annales.Hier soir, boucherie à la Guinguette avec des plâtrées d’un kilos chacun. Impossible de finir pour certains, surtout pour les petites..... En chemin nous sommes d’ailleurs devenus spécialistes des bites et Jp est devenu momentanément et affectueusement bitounet.
Ce matin, Baldo à encore oublié son cachet et Jo telle la canette protégeant ses canetons, ne manque jamais de le rappeler à l’ordre. Je me demande bien à quoi sert ce petit cachet bleu quotidien et pourquoi Jo tient autant au respect de la posologie.
Encore un mystère que le Dieu du canal ne saura résoudre.
Ce matin à l’écluse d’Ognon, entre deux pelures, nous avons croisé Dubosc, moule bite au vent et ambition clairement affichée.
Nous sommes limités en réserve d’eau et le Port d’Homs tombe à pic. Ils ne se sont vraiment pas foulé pour les noms de lieu sur ce trajet.
Juste avant l’écluse du même nom, voyant d’anomalie au tableau de bord et bip bip lancinant et continu. Nous prenons sagement la décision de contacter la base et de stationner à l’endroit même où nous nous trouvons de peur de couler le moteur.
Sitôt dit sitôt fait, appel à la base, le mécano est en route.
Devant la désespérance de la situation, il ne nous restait qu’un truc à faire, boire l’apéro. Et même si certaines, à l’approche du technicien du Boat prirent la décision de cacher verres et bouteilles alors que D43 embaume la cave coopérative, rien ne nous empêcha de poursuivre notre repas composé de pavé de bœuf aux girolles juste snackès sur la plancha et quiche sans moule exécutée par Jo.Donc , le mécano arrive et aussitôt nous paraît fort sympathique. Peut être est ce dû à cette démarche chaloupée du marin qui le fait tanguer sur terre de droite à gauche du chemin. Johnny arrive l’oeil vitreux de celui qui, refusant de nombreuses invitations dut finalement céder devant la pression ou les pressions. Enfin un anglais qui ne souhaite parler que français, ça fait plaisir, et ce, même si son vocabulaire d’un enfant de trois ans nous interdit de comprendre quoi que ce soit.
Dans le doute, nous le confions à Poulet, seul chef d’équipe bilingue de la bande à même de le driver.
Le moteur étant trop chaud pour opérer, Johnny l’embrouille promet de revenir après un décuvage presque total et une sieste réparatrice de deux bonnes heures.
Allongé à son retour sur un moteur refroidi, Johnny nous expliqua que c’était juste un problème de circuit d’eau, ce à quoi, Poulet rétorqua, mais oui c’est la grenouille. Langage imagé et fortement populaire des bords du Vieux Port que le pauvre Irlandais ne pût qu’acquiescer, même s’il ne comprendrait jamais ce que ces pauvres frogs venaient faire dans son engine.  Johnny est efficace et se révèle redoutable mécano avec un humour British développé. En l’état notre échappement était mort et il nous expliqua qu’en pareil cas, au lieu que ce soit les gazs qui sortent, c’est l’eau qui entre... Un véritable bloc d’humour.
En naviguant au départ d’Homs, nous avons relevé une anomalie notoire en croisant un bateau exclusivement peuplé de français. C’est quasiment le premier depuis le départ de Port Cassafières...
Baldo se plaît à raconter nos malheurs à tous ceux que l’on croise et du belge au normand tous comprirent qu’à mendonné, sur le canal, il y avait bien des marseillais.
Aussi loin d’Envau et la Vesse que Pythéas des rives de l’Islande, mais avec le même tempérament frondeur ainsi que les mêmes expressions imagées. Comment décrire la scène apocalyptique ou un trois quart parisien moitié connard ( si c’est possible) souhaite forcer sa priorité pour le passage d’un pont étroit et rappelle Baldo à l’étude du code fluvial qui stipule qu’un bateau de passager avalant reste toujours prioritaire. Ce à quoi notre capitaine, fatigué par le chaud soleil de juin et les nombreuses heures de conduite ne sauta pas sur avalant. Il préféra glisser tel un pet sur une toile ciré vers une expression de chez nous qui en règle générale n’appelle pas à contestation. Le Va te faire enculer claqua sur les berges tél le fouet du cocher sur le cul de la jument, et comme nous nous y attendions, tout le monde passa sans histoire.Ce soir nous mangeons les restes des restes des restes, soit des spaghettis bolognaise aux cèpes. Il y a pire...Bonne nuit  et à demain pour de nouvelles aventures.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire