Veille de Départ.
Ça y est, le jour tant attendu va enfin arriver. Depuis ce mois de Novembre 2015 où nous avons décidé ensemble de cette folle épopée, les derniers détails logistiques sont enfin réglés. Les deux plateaux de fromage (je sais, c’est pour un concours) sont commandés, les cubis sont livrés ou proches de l’être et les sacs de vêtements sont prêts. C’est là où nous nous rendons compte qu’à 50000 dollars le kilog, nous ne partirons jamais dans l’espace.
En France, c’est toujours autant le bordel avec les grèves qui continuent, les manifestations qui baissent de fréquentation, merci la pluie, et la CGT qui postule pour le prix Nobel de la mauvaise foi.
Jusqu’au dernier moment, nous avons eu peur de ne pas pouvoir disposer d’assez de fuel, because les arrêts de travail dans les raffineries, mais a priori, tout devrait bien fonctionner.
Cela fait, de mémoire, bien deux ans qu’il pleut sans discontinuer sur Toulouse et je soupçonne la Mairie d’avoir en silence placé des panneaux solaires peints en gris au-dessus des nuages, car, comment vous dire, jamais le moindre rayon de soleil ne vient traverser nos fenêtres. En Haute Garonne, les marchands de lunettes solaires et de chapeau ont fait faillite au XIX ème siècle et nous sommes en train de virer avec Karine au blanc norvégien. Vivement l’Aude et le Languedoc même si je pressens des chiaraffes monumentales à suivre, le soleil s’en donnant bientôt à cœur joie avec notre épiderme devenu aussi fragile qu’après un séjour prolongé dans une grotte. C’est bien simple, à Mollégès ils nous prennent pour des estrangers, heureusement qu’il y a l’accent, sinon, avec ce blanc suspect…
Nous avons préparé ce voyage consciencieusement, quatre à cinq cagettes de nourriture devant suffire pour le premier week-end. Minette s’inquiétait de la présence d’épiceries en bordure du canal…Je pense que nous pourrons avantageusement les dépanner pendant le trajet si elles venaient à manquer de solide ou de liquide. La question demeure toutefois du « qu’allons-nous faire des divers achats, bouteilles, souvenirs, produits poteries, bouteilles et vins » acquis pendant le voyage. Au jour fatal de la destination finale le retour des marseillais se fera en effet au moyen d’un véhicule espagnol qui a plus sa place sur les circuits qu’à Rungis. Comment vous dire que le coffre ridicule ne saura suffire à tout contenir au retour. J’avais bien tenté serviablement de proposer à l’équipage d’abriter leurs achats sur Toulouse et notamment d’accueillir dans mon cellier les divers breuvages testés pendant le voyage mais Baldo, méfiant, à juste titre, m’opposa une fin de non-recevoir.
De mon côté j’avais commencé à préparer mon foie pour cette épreuve digne des jeux olympiques, je m’étais mis au Gaillac… A vous dégoûter du vin. Si mon petit Max veut un jour préparer une explosion de papilles ou discerner un vrai expert d’un faux, j’ai quelques domaines à lui conseiller… Donc depuis plusieurs jours je n’avais plus touché une seule goutte de picrate. Sera-ce suffisant à titre d’entraînement, l’avenir nous le dira.
Quant à Karine les 200 kilogs de thé vert en baluchon de toile de jute, devraient permettre de tenir au moins jusqu’au Mercredi, après, la disette poindrait peut être, le thé vert de Capestang n’étant pas parmi les plus réputés.
Pour le reste, le sirop de violette est bien calé au fond de la biace, les gésiers sont confits, et la rouelle de porc marine tendrement dans un petit jus au thym….
Le prochain article sera écrit à six mains avec la participation de tout l’équipage et nous nous sommes tous engagés sur l’honneur et le code de la marine fluviale à préciser sur ce blog la totalité de nos aventures ainsi que les menus du jour.
A vous écrire….